Il n’existe aucune publication faisant état des transformations qui ont été opérées à la Part-Dieu entre 1990 et 2004.
Plus grave à mes yeux, l’Atlas Historique du Grand Lyon, ouvrage dit de référence, dirigé par Jean Pelletier et Charles Delfante (novembre 2004), est presque totalement muet sur ces quinze années. Or, c’est justement la période durant laquelle j’ai œuvré à la Part-Dieu en qualité d’architecte en chef. Ne sont d’ailleurs pas davantage mentionnés, ni mes interventions à Vaise (1996-2002), ni les bâtiments que j’ai conçus : la Halle de Lyon et son parking hélicoïdal , la tour Edf, la salle des sports à Dardilly, le siège administratif de l’OPAC du Rhône, le laboratoire d’anatomie pathologique et la morgue de l’hôpital Lyon Sud, le stade de Gerland 1998.
Rares cependant sont ceux, qui comme moi, peuvent se prévaloir d’une connaissance intime de l’histoire du quartier de la Part-Dieu depuis son origine.
1966-1990 :
J’ai effectué mes premiers pas d’architecte dans une baraque ALGECO plantée au beau milieu de la caserne des Cuirassiers, en février 1966. Je débarque à Lyon, ne connaissant personne. Impressionné par les deux barres d’habitation de Moncey-Nord, je frappe à la porte de leur auteur : Jean Zumbrunnen, qui m’embauche pour… un mois ! Je resterai dix ans auprès de lui (jusqu’à sa mort), y gagnant une solide expérience et une amitié précieuse. Je lui dois, de plus, d’avoir travaillé dans le prestigieux cabinet I.M.PEI and Partners à New York en 1973-74. Araldo Cossutta, associé de PEI, est en charge de la tour du crédit Lyonnais.
Jean Zumbrunnen est l’auteur (avec Marcel Gut) d’une première étude de la Part-Dieu en 1958, comprenant logements et équipements d’accompagnement.
Devenu Centre Directionnel en 1966 sous l’égide de Louis Pradel maire de Lyon, le quartier fait l’objet de nombreuses propositions de la part de Charles Delfante et Jean Zumbrunnen architectes en chef. La SERL (Société d’Equipement de la Région de Lyon) en est l’aménageur.
Je m’applique ici à rappeler le rôle prépondérant joué par Zum dans le concept urbanistique de la Part-Dieu, d’aucun voudrait-il le gommer.
Jean Zumbrunnen a conçu les deux barres de Moncey-Nord, achevées en 1964 et 1966, au voisinage immédiat de la Part-Dieu.
Tollé quasi général ! Très affecté par la critique, il est près de renoncer à son métier ; et pourtant…
Disciple déclaré de Le Corbusier et de Mies Van Der Rohe, il introduit avec ses deux barres une nouvelle échelle dans la ville de Lyon. Ce dont profiteront ses “confrères” et… la Part-Dieu. Beaucoup parmi ceux-ci le jalousent, tant il assume sa philosophie, son indépendance d’esprit et tentent des interventions inopportunes. Charles Delfante est l’homme des relations publiques, l’interlocuteur privilégié de L. Pradel. J. Zumbrunnen travaille dans l’ombre, en toute modestie. L’interprétation que fait l’un du travail de l’autre auprès des instances de décision souffre la contestation.
Je veux bien être souple mais pas élastique dira Zum. Combien de fois me confessera-t-il ses espoirs, ses doutes, ses regrets, au cours de longues conversations dans sa maison de l’Ardèche… C’est ainsi que le Centre Commercial, avec ses 110 000 m2 phagocytera la Part-Dieu, avec la complicité de la SERL, rentabilité oblige. Les promoteurs du centre imposeront leurs exigences, dont les effets se ressentent encore aujourd’hui. Le principal financier de l’opération décrète que “les clients ne dépenseront pas un sou avant d’entrer dans le centre commercial”….
L’époque est à la séparation des niveaux de circulation pour les piétons et les automobiles.
Cumbernauld, ville nouvelle en Ecosse, en est un exemple, que nous visitons.
Cette donnée urbanistique fondamentale prend naissance à Moncey-Nord et s’étend à la Part-Dieu. Ainsi, les automobilistes resteront sur le plancher des vaches et les piétons évolueront à 6 m. de hauteur, sur des passerelles. Il eût fallu que tous les architectes d’opération respectent la règle. Las… un équipement majeur comme l’Auditorium (Henri Pottier Charles Delfante architectes) établit son entrée principale au niveau 0. Jean Zumbrunnen aura tenté en vain d’enterrer l’ouvrage sous un jardin public. Les auteurs de l’Auditorium ne l’entendront pas ainsi : il faut que leur œuvre se voie ! Autant par dépit que par dérision, Zum dessine une caricature de la forme du bâtiment en crapaud.
De cet exemple, en particulier, je déduis qu’on ne peut porter deux “casquettes” à la fois et je renoncerai officiellement à être architecte d’opération lorsque je serai nommé architecte en chef.
A mon retour des USA en 1974, je termine la tour EDF rue des Cuirassiers, commencée en 1972 avec Zum, qui me laisse orphelin en 1975.
En 1978-79, les études des la gare TGV sont sur les rails et, par extension, tout le quartier entourant la gare, à l’Est.
J’exerce la fonction d’architecte coordonnateur de l’opération, pour le compte de Charles Delfante et Michel Macary architectes en chef.
Charles Beraudier, adjoint au maire de Lyon et charles Hernu, maire de Villeurbanne assurent le pilotage politique avec la SERL, toujours. Il est inutile de rappeler ici que la décision tardive de la SNCF d’implanter la gare à cet endroit bouleverse les données pour la Part-Dieu. Adossée jusqu’alors aux voies de chemin de fer et tournée vers l’Ouest, la Part-Dieu doit maintenant s’ouvrir à l’Est.
C’est ainsi que la porte Vivier Merle du Centre commercial, de sortie de secours devient, de ce fait, sa principale entrée !
L’inauguration de la gare a lieu en 1984, avec l’arrivée du TGV.
Je retrouve Michel Macary et I.M.PEI au musée du Louvre, où j’assume la direction des études pour l’Aile Richelieu (occupée par le Ministère des Finances).
C’est la seule période, en quarante ans, durant laquelle j’ai pris mes distances avec la Part-Dieu, c’est-à-dire de 1985 à 1990.
En 1990, Michel Noir, nouveau maire de Lyon, me nomme architecte en chef de la Part-Dieu. V. Gregotti et R. Plottier étaient les deux autres candidats pour le poste. Ma connaissance du quartier aura été déterminante dans le choix. Peut-être Charles Delfante, remercié après vingt cinq années, en conçoit-il quelque amertume…
1990-2004 :
La tâche n’est pas simple et je suis évidemment conscient des difficultés. Les élus sont impatients de remédier à ce que l’on nomme pudiquement des dysfonctionnements. Pour mesurer l’état d’esprit des usagers, je cite deux écrivains, appelés à donner leur avis sur la Part-Dieu, au travers de quelques extraits.
Marie Desplechin :
“La Part-Dieu est moche et vulgaire… Ces lieux, désormais, sont habités. Et c’est notre âme qui les habite. Aussi, j’avais une chose à reprocher aux orgueilleux qui les ont construits, c’est de nous avoir contraints à aimer des endroits que nous devrions haïr, car ils nous résument, nous blessent et nous méprisent… J’aimerais agrandir, élargir la petite place qui, à la sortie du centre commercial fait face au Gros Crayon. Nous pourrions, les jours d’été, tous nous y asseoir pour manger un sandwich et prendre le soleil… Jaimerais des façades partout, qui ouvriraient le centre commercial à l’air libre”…
Et Claude Burgelin :
…”Colère devant une défaite de l’intelligence… Vivre avec la Part-Dieu, c’est négocier au jour le jour avec l’invivable… Tenter d’en tirer parti : procéder à quelques dynamitages victimes et secrets, trouver les failles par où desceller ces gros blocs, chercher pour soi-même les lambeaux ou les bouts de ficelle avec lesquels étoffer ou rapetasser ce patchwork aux coutures bizarres. Rêver, penser, sentir, éprouver la vie par ces procédure obliques. S’en contenter ?…”
Ambiance !
Les conseils, les avis, ne manquent pas, car là ou L. Pradel et Ch. Delfante décidaient pratiquement seuls, une trentaine de personnes ont aujourd’hui leur mot à dire : édiles, services techniques de la ville, fonctionnaires de la Communauté urbaine, fonctionnaires de l’Atelier d’Urbanisme, associations diverses,… Des architectes, nombreux y vont chacun de leur proposition, en espérant avoir leur part du gâteau…
Rester zen, attendre une accalmie, résister.
Je dois à Henry Chabert, adjoint à l’Urbanisme de la Ville de Lyon d’être resté en place. Sa patience et sa confiance ont été précieuses en ces temps orageux. H. Chabert est l’homme politique qui a transformé (transfiguré devrais-je dire) la ville de Lyon. Sur combien de places, de placettes, d’avenues, de rues, de jardins, de parkings, de mises en lumière,…, a-t-il laissé son empreinte, il faut s’en souvenir et lui rendre hommage.
Je lui sais gré d’avoir résisté aux pressions de tous bords, car tous ne tirent pas dans le même sens, tant s’en faut. Tel fonctionnaire, disposant d’un poste important à la Communauté Urbaine de Lyon (par conséquent au service du public) n’hésitera pas à écrire dans un rapport officiel au Maire de Lyon qu’un étage panoramique (ouvert au public) au sommet d’une tour “n’offre que peu d’intérêt”. Phase lourde de conséquence et sans doute non dénuée “d’intérêt”…
Cependant, petit à petit, mes propositions se précisent et s’affirment, selon deux axes complémentaires : les tours et les espaces publics.
Lors de l’exposition “L’an II de la Part-Dieu” en 1991, j’écris :
“Si j’avais à expliquer la Part-Dieu à un enfant de sept ans, je lui dirais simplement que les constructions actuelles ressemblent à des individus qui se seraient fâchés et qui ne se parleraient plus.
Certains sont beaux, d’autres sont quelconques, d’autres enfin sont franchement laids. Et je voudrais que cet enfant de sept ans comprenne que le groupe doit s’enrichir de nouveaux individus plus jeunes et capables par leur seule présence de rétablir le dialogue entre tous, sans exclure personne, y compris le fou du village.”
“Il ne s’agit pas seulement de construire des mètres carrés. Il s’agit aussi et surtout de créer des espaces ouverts à tous, des volumes généreux, amples, où l’on respire ; avec des matériaux nobles, solides, beaux au regard et au toucher ; des volumes où entrent la lumière, le soleil, avec des arbres, des fleurs ; des lieux où les gens se sentent bien, c’est-à-dire où ils aient envie de se rencontrer, de s’y donner rendez-vous sur un banc, autour d’une pièce d’eau, autour d’un verre ; des lieux où les gens aient envie de se parler, de se tendre la main.”
De mon escapade new-yorkaise, j’ai tiré quelques enseignements et, en particulier, une conviction quant aux immeubles de grande hauteur, autrement dit les tours. Je les ai patiemment observées, inspectées, y compris leur environnement, tant à New York qu’à Chicago, à Boston, à San Francisco, à Atlanta, à Philadelphie, à Montréal, à Washington,…Quelle meilleure solution pour libérer l’espace au sol ! Je traduis le concept des tours à la Part-Dieu par “colline européenne en me référant à la “colline qui prie” (Fourvière) et à la “colline qui travaille” (la Croix Rousse)”, ainsi qu’au slogan “Lyon ville européenne”. Une formule a parfois plus d’impact qu’une longue démonstration ! Parallèlement, je soutiens sans relâche l’idée qu’un bâtiment quel qu’il soit, ne peut fonctionner qu’à la condition que ses abords soient conçus pour le desservir correctement. Tous nécessitent un espace suffisant à leurs pieds et, si possible, une esplanade (”la cinquième façade”).
Quant aux entrées des tours, aux “trous de souris” habituellement pratiqués en France (par économie ?), j’oppose des halls vastes et lumineux, accessibles au public, à l’« américaine ».
Pour le sommet des tours, très souvent singularisés aux Etats-Unis, je parle de “sixième façade”, afin de sensibiliser les architectes d’opération à leur morphologie : les pieds, le corps, la tête.
Plusieurs concours sont lancés, qui n’aboutiront pas, pour cause de crise immobilière. L’urbanisme est, aussi, œuvre de patience.
Si les tours ne poussent pas, les espaces au sol, en revanche, vont se métamorphoser. Les auto-ponts Paul Bert et Felix Faure, sur le boulevard Vivier Merle, sont démolis. Le boulevard retrouve sa perspective depuis le cours Lafayette jusqu’à la Manufacture des Tabacs.
Suivront la restructuration (sans ordre chronologique) de :
- - la rue Bouchut (entre Viver Merle et la Bibliothèque) ;
- - la placette entre le centre commercial et la Bibliothèque) ;
- - le boulevard de la Villette ;
- - la place de la Communauté Urbaine ;
- - le boulevard Vivier Merle (gare bus / tramway) ;
- - la gare SNCF (n’en déplaise à Monsieur Duthilleul architecte de la SNCF, je revendique l’idée de transférer les escaliers mécaniques d’accès aux quais du Nord au Sud de la gare) ;
- - la rue Servient ;
- - le boulevard Denuelle ;
- - la rue Bouchut (entre la rue des Cuirassiers et la rue Garibaldi) ;
- - les contre-allées de la rue Garibaldi ;
- - la place de Francfort.
Excusez du peu !
Un kilomètre de passerelles est démoli.
Je parle à leur sujet “d’élaguer les branches mortes” car, de fait, peu de piétons les empruntent.
En 1973, lors d’une conversation à New York avec Vincent Ponte, urbaniste, celui-ci m’avait déjà conforté dans l’idée que deux niveaux de circulation ne pouvaient cohabiter. Il la traduisit de manière peu triviale : “çà marche là où il y a de la fesse”!
De nombreuses photos “avant” et “après” attestent de la transformation radicale de la physionomie de la Part-Dieu et de sa nouvelle vitalité avec les constructions à l’Est de la gare et au Sud de la rue Paul Bert sur le boulevard Vivier Merle.
Des regrets ? Les tours bien sûr ! et la place haute entre le Centre Commercial et la tour du Crédit Lyonnais (suppression de la fontaine et couverture de la rue Servient).
Egalement, la transformation de la rue Garibaldi en boulevard urbain , afin de relier la Part-Dieu à Moncey-Nord et au quartier de la Préfecture, en supprimant les trémies. Enfin, un souhait : que soient préservés les arbres en pleine terre, qui font face à la Cité d’Etat, seuls témoins du temps de la caserne…
Une seule tour voit le jour aujourd’hui, sur le “lot R”. après de nombreux projets (une dizaine ?) de D.N. Petit, tous aussi remarquables les uns que les autres et qui mettaient en scène les concepts évoqués plus haut (esplanade d’accès, hall au volume généreux, étage panoramique, sommet singulier, forme élégante), c’est une construction des plus médiocres qui est en chantier.
René Provost
Architecte – Le Caire
Janvier 2008
February 2nd, 2008
Départ pour la Caire demain après-midi pour une nouvelle vie avec toute la famille.
Nous rejoignons La Caire dès demain pour poursuivre les travaux sur le grand Stade d’Alexandrie.
Nous espérons avoir le temps de visiter la bibliothèque d’Alexandrie.
July 4th, 2005
Ce quartier vieux de vingt ans n’a toujours pas réussi sa greffe avec le tissu urbain alentour. L’ensemble pèche surtout par sa signalisation et sa voirie. Des projets de réaménagement, en préparation, sont exposés place Béraudier.
“Part-Dieu an II”. Sous ce nom de bataille, une exposition place Béraudier présente les projets de réaménagement signés par René Provost, architecte en chef de la Part-dieu. Mise en scène par Médiacité avec les photos de l’agence Editing, cette manifestation est le signe d’un nouveau départ pour un quartier qui, vingt ans après sa création, n’a toujours pas réussi sa greffe avec le tissu urbain alentour.
Un échec flagrant en matière de signalisation mais surtout de voirie : l’avenue Georges Pompidou avec ses rêves de prestige, a été étouffée dans l’oeuf, la rue Garibaldi et le boulevard Vivier-Merle, de leurs côtés, sont des modèles de fiasco urbain : l’esprit “Ponts et chaussées” défigurent la ville au lieu de la servir. Aussi, rue Garibaldi, des liaisons privilégiées seront établies à hauteur de la rue Dunoir, depuis la future Cité judiciaire, permettant un enchaînement avec le cordon piétonnier de l’auditorium. Une autre ouverture sera réalisée rue Mazenod dans le prolongement de la rue du Docteur Bouchut. Plus qu’un simple raccomodage, c’est une thérapie de choc que préconise René Provost, collaborateur de Pei, le créateur de la Pyramide du Louvre.
Les erreurs ont été largement stigmatisées par Charles Delfante, le concepteur de la Part-Dieu lui-même : “le plan était très dirigiste, trop peut-être, et sa stucture était porteuse d’une organisation spatiale fonctionnaliste, qui, abandonnant délibérément la construction en bord de rue, suggérait néanmoins des îlots par un marquage des angles et une alternance minéral-végétal. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que ce projet d’ensemble était le meilleur ou le seul possible, je veux simplement dire que, depuis ce temps là, aucune recherche de cohérence et de composition urbaine à cette échelle n’a été entreprise et je crains que les rénovations et autres aménagements de la rive gauche soient à classer dans le chapitre des occasions perdues”.
Pour René Provost, il s’agit de rattrapper le temps perdu afin de préparer le quartier à l’âge adulte : “Si j’avais à expliquer la Part-Dieu à un enfant de huit ans, je lui dirais simplement que les constructions actuelles ressembles à des individus qui se seraient fâchés et ui ne se parleraient plus. Certains sont beaux, d’autres sont quelconques, d’autres enfin sont franchement laids. Et je voudrais que cet enfant de huit ans comprenne que le groupe doit s’enrichir de nouveaux individus plus jeunes et capables de rétablir le dialogue entre tous, sans exclure personne, y compris le fou du village”.
Un discours humaniste qui s’accompagne toutefois de chiffrages précis : René Provost estime à 100 MF le budget nécessaire pour refaire le boulevard Vivier-Merle, libre de trémies et mis à des dimensions plus urbaines.
Une politique de remodelage qui exclut aussi la densification à tout crin.
La construction de 250 000 m2 supplémentaires est tout de même envisagée. “Il ne s’agit pas seulement de construire des mètres carrés” explique René Provost. “Il faut aussi et surtout créer des espaces ouverts à tous, des volumes amples où l’on respire ; des matériaux nobles, solides, beaux au regard et au toucher, des volumes où entrent la lumière, le soleil, avec des arbres, des fleurs, des lieux où les gens aient envie de se parler.”
Pour restaurer la convivialité, les élus ont demandé à René Provost de réaménager le quartier ouest de la Part-Dieu en créant deux voies, ainsi qu’une nouvelle signalisation : d’une part en direction du terrain encore à construire face à la Caisse d’épargne, d’autre part vers le site actuel de TDF et FR3. René Provost estime bienvenue la construction d’une tour sur le premier emplacement. Elle devrait permettre de réaménager la gare des autobus et dégager une importante esplanade. Le but étant de facilier le passage des piétons.
Le côté est du centre commercial verra son épaisseur augmentée par juxtaposition d’une nouvelle façade, ornementée d’enseignes “afin de le réconcilier avec son environnement”.
Côté TDF, les projets de Provost et de la Ville sont soumis aux velléités de déménagement de FR3. Dans cette éventualité, Provost aimerait attirer le public dans le hall d’une nouvelle tour TDF.Celui-ci ouvrirait sur le parc et créerait un axe tansversal vers la rue des Cuirassiers. Une double liaison pour piétons. Verticale entre le niveau 6 au Nord et le niveau 0 au Sud avec escaliers mécaniques et ascenseurs. Une circulation horizontale est aussi prévue : le long d’un ruban piétonnier depuis la gare, vers la face sud du centre commercial et le bâtiment de la Cité administrative.
Celle-ci devrait également bénéficier de réaménagement, à hauteur de l’esplanade Nord, limitée par le parking 3000, le centre commercial et la Tour du crédit lyonnais. L(objectif étant de désenclaver ces abords du centre commercial. Il envisage donc de modifier l’imposante voirie, d’agrandir et aménager l’esplanade en laissant la voirie se prolonger en trémie. Ce qui libérerait une voie d’accès au parking pour le Pullman.
Autres bouleversements : le centre commercial devrait lui aussi profiter d’un lifting. Le nouveau chef d’orchestre du quartier, Provost, caresse l’idée d’ouvrir ce bloc sur l’extérieur, de le mettre en relation avec son environnement. L’esplanade devrait être étendue et aménagée comme lieu de rencontre et de “familiarisation” avec tout le complexe de la Part-Dieu. En même temps qu’il mettra en valeur le circuit passant par la rue du docteur Bouchut, Provost va revoir le traitement des façades. Malgré les contraintes du bâti existant, la terrasse du centre commercial sera embellie. Une structure légère type pergola servira à masquer le parking et ses édicules. A moyen terme, toute la conception du parking du centre commercial sera modernisée.
Autant de remodelages qui répondent à une véritable stratégie urbaine : créer des repères géographiques indispensables à l’évolution du tissu urbain. En intégrant le bâtiment de la Cité administrative aux deux points forts, la future tour TDF/FR3 et le terrain qui fait face à la Caisse d’épargne, l’architecte choisit d’inscrire toutes ses propositions dans un carré tenant lieu de quadrillage “symbolique et réel” du site. Comme en musique (l’architecture atonale de la Part-Dieu induit souvent la métaphore sonore), la composition symétrique suggèrera un effet de résonnance dans une armature urbaine “qui souffre d’une trop grande banalisation”. Dans le quartier ouest de la Part-Dieu mais aussi entre le quartier ouest et le quartier est. Pour être sûr de réussir la greffe avec le quartier Villette, les lus ont confié à un maître, l’américain Pei la mission d’étude de l’ensemble place de Francfort.
Une des idées maîtresses du projet Provost consiste aussi à développer une architecture avec des volumes simples, des façades lisses, réfléchissantes, opaques ou transparentes mais sans effets de style redondants. Bref, une architecture sereine destinée à apaiser des espaces en perpétuelle crise de croissance. Pour “calmer” un ensemble architectural quelque peu heurtée, Provost insiste sur le traitement des soubassements et des couronnements.
Autant d’innovations dont le principal bénéficiaire sera le piéton. En plus de la mise en trémie de la rue Garibaldi, un “ring” d’accès à la Part-Dieu est à l’étude. Quant au futur boulevard de l’Europe (reprenant le tracé de la rue de la Villette), il sera aussi doté d’une animation de ville et non d’une façade de parking, comme prévu par Bouygues et la SNCF il y a un an. Des dalles de gravillons rongées de vétusté aux trottoirs impraticables à cause de l’implantation chaotique des panneaux, Provost prévoit une disparition des diverses pollutions visuelles et olfactives (passages souterrains pour les voitures).
Le succès de cette Part-Dieu newlook est ausi une condition sine qua non de la réussite des autres opérations comme Gerland ou Cité Internationale : “Les investisseurs ne viendront que s’ils ont la preuve que les élus sont capables de mener jusqu’au bout un projet” assure ce directeur d’une holding du bâtiment.
Daniel LICHT
“Part-Dieu, an II”. Exposition sous chapiteau, place Charles Béraudier. Lyon, 3e arrondissement.
June 30th, 2005
Dès qu’un édifice dépasse 28 mètres, pour les bureaux et 50 mètres pour les logements, il devient IGH – immeuble de grande hauteur -, et est alors soumis à une réglementation spécifique. La structure doit résister à l’incendie ou selon les régions concernées, aux secousses sismiques. Mais pas contre un attentat à la bombe ou un avion qui vient s’écraser sur ses façades.
« On ne peut pas calculer la puissance, l’effet d’impact d’un avion, c’est impossible », indique l’architecte René Provost. Exerçant à Lyon et à Paris, il a participé, au début des années soixante-dix, à la conception du premier IGH lyonnais. A cette occasion, il est parti aux Etats-Unis plus d’une année pour étudier les tours new yorkaises. Les tours jumelles aussi. Ces ouvrages, dit-il, sont étudiés « pour résister d’abord à leur propre charge, à leur charge d’exploitation » (les ocupants et le mobilier). Le rapport est de 250 kilos par mètre carré. Ainsi pour un bureau de 10 m2, on peut appliquer une charge de 2,5 tonnes. Pour le World Trade Center, le calcul de la structure et des fondations prend également en compte le poids du bâtimentlui-même, les efforts dûs aux vents (250 km/h) et les contraintes sismiques.
Les tours de grande hauteur ne sont pas étudiées pour résister à un avion
Ces mastodontes faits de béton et d’acier qui s’élèvent à 412 mètres, « reposent sur des fondations dont l’assise est ici le rocher de Manhattan », précise l’architecte. Comme la plupart des IGH, les planchers s’appuient sur les poteaux de façades et un noyau central. Ce noyau de 32 mètres par 21 mètres comporte les escaliers de secours, les ascenseurs et les gaines techniques. En cas d’incendie, et comme il n’est pas possible d’évacuer « toute la tour en même temps », un dispositif spécifique se déclenche. Chaque étage est en effet isolé par des planchers stables et coupe-feu. Pendant deux heures tous les étages de la tour ainsi protégés restent isolés du feu. Ce qui permet d’évacuer les étages sinistrés en premier lieu.
Ces règles de construction ne sont évidemment pas conçues pour faire face à une telle tragédie. « Dans ce cas là, on ne peut rien faire », estime l’architecte. « La façade ne peut résister à la poussée de l’avion qui la pénètre et l’explose. Je suppose, qu’une partie de l’avion, compte tenu de la vitesse et du poids et surtout l’explosion qui en résulte, a atteinte le noyau central, véritable colonne vertébrale de l’ouvrage et a ainsi déséquilibré la tour. Quand la façade ne tient plus et que le noyau est endommagé sur plusieurs étages, la tour, selon lui, ne peut plus tenir debout ».
Et pourtant estiment certains spécialises, et compte tenu du choc, l’ouvrage a tout de même résisté. « Les images de l’effondrement sont révélatrices, poursuit M. Provost ; on voit l’antenne disparaître au milieu plus vite que les façades. Les tours ont implosé ».
Y aura-t-il des réflexions engagées sur la construction ou sur la réglementation des immeubles de grande hauteur après l’attentat du World Trade Center ? Difficile de le dire. Rien n’est indestructible. En France, commente-t-on à la Société de contrôle technique, Socotec, « le règlement est abondant et globalement bien fait » ; les règles françaises seraient même, selon ces experts, « les plus exigeantes au monde ».
Aline Duret (paru dans Le Progrès de Lyon)
June 30th, 2005
A l’école des ingénieurs de Strasbourg, le jeune René Provost poursuit de studieuses études d’architecture. C’est la seule école en France qui forme un architecte en 4 ans.
René Provost va dans quelques semaines y débuter sa 3e année. Les vacances actuelles de notre futur architecte se sont partagées entre Quimper – où habite et travaille maintenant sa mère – et St Albin en Plogonnec. Ce petit hameau de St-Albin retiré au fond de la campagne de Plogonnec, avec ses deux douzaines de maisons et son école autour de la chapelle est demeuré cher au coeur du jeune René Provost. Ses parents y tinrent commerce jusqu’à la mort de son père. Il y a vu le jour.
C’est là qu’il a fait ses débuts dans une vie qui s’annonce prometteuse. Sur les bancs de la petite école du lieu, il a appris les rudiments de l’instruction. Sa vive intelligence s’y est manifestée et s’y est développée. Elle l’a mené aujourd’hui à l’école des ingénieurs de Strasbourg et cette promotion n’a pas manqué de réjouir tous les amis qu’il a gardés au pays.
Il promet un christ pour la chapelle
Il y a quelques années, cette jolie chapelle de St-Albin dut être restaurée. M. René Provost, le père, était menuisier-charpentier de profession et fut chargé de la mise en place de la nouvelle charpente du sanctuaire. Son oeuvre parfaitement réalisée rappellera ainsi longtemps son souvenir. C’est elle également qui, un jour, donna l’idée au fils d’apporter sa petite contribution à l’aménagement de la chapelle.
Il se mit en tête de sculpter un grand Christ dont il ferait don au sanctuaire. L’abbé Croissant, recteur de Plogonnec, à qui il s’ouvrit de son projet aux dernières vacances de Pâques, y souscrit de très bonne grâce.
Il y a une quinzaine de jours, donc, revenu en Bretagne se reposer de ses épuisantes études d’architecte, René Provost, dans le calme de St-Albin, s’attaqua à son œuvre. Il choisit une grosse bille de hêtre, la dégrossit à la scie et maniant avec dextérité la gouge et le ciseau, y modela petit à petit le Christ qu’il voulait créer.
Son modèle, il l’avait choisi dans l’oeuvre d’un artiste italien qu’il avait grossièrement décalquée dans une revue qu’il avait eue entre les mains à l’école de Strasbourg. Plus de 50 heures de travail lui ont été nécessaires pour achever sa sculpture. Aujourd’hui elle est prête. Son christ qui mesure 1 m 30 de hauteur et 1 m 20 d’envergure va prendre place dans la chapelle au-dessus du maître-autel. L’autre jour quand nous l’avons visité, René Provost était occupé à lui préparer sa place. Il y trônera pour le grand pardon de la chapelle qui se déroulera le dimanche 30 septembre prochain.
« Le Christ sera scellé à même le mur, sans croix nous expliquait-il. La vérité historique ne sera peut-être pas respectée, mais le symbole le même. »
Quelle belle leçon a ainsi donnée Renée Provost à cette jeunesse d’aujourd’hui pour qui trop souvent vacances sont synonyme d’oisiveté et de dissipation ?
« J’ai encore l’intention, nous disait-il, de réaliser pour la chapelle un chemin de croix, mais en peinture ».
Car René Provost, qui vient de mener à bien sa première sculpture s’adonne également à la peinture. Il a commencé par l’aquarelle, la gouache et le fusain. Il vient de se mettre à l’huile et a déjà à son actif une dizaine de toiles.
June 25th, 2005
Paru dans Ouest-France
René Provost, natif de Plogonnec, est en vacances dans la région. Cet architecte est responsable de la coordination technique du chantier du grand stade, qui accueillera la Coupe du monde. Il s’explique sur ce projet grandiose dimanche, à 19 h 30, à la salle polyvalente de Plogonnec.
En vacances dans sa commune natale, René Provost souhaite faire partager sa passion pour le Grand stade de Saint-Denis, en région parisienne. Architecte de formation, il est responsable de toute la coordination technique du projet. « C’est un chantier monumental, explique-t-il, cela représente un millier de plans. Le stade pourra accueillir 80 000 spectateurs.”
Le chantier doit être terminé à la fin de l’année 97. Le stade sera testé pendant six mois avant la confrontation internationale.
René Provost a voulu faire profiter les habitants de Plogonnec et de Quimper de ses connaissances sur le sujet. « Je viens chaque année en vacances ici, explique-t-il, c’est normal de penser d’abord aux gens de ma région. »
Les plans seront exposés, et chacun pourra poser les questions qu’il souhaite sur ce chantier extraordinaire. « C’est un ouvrage qui représente deux milliards de trams. Il est finance pour moitié par l’Etat. Son originalité est de posséder 25 000 places amovibles, sur 25 gradins successifs. Cela permet au besoin de dégager un terrain d’athlétisme. La toiture occupe une surface de six hectares… » De quoi faire rêver.
René Provost, responsable de la coordination du grand stade, est originaire de Plogonnec.
June 19th, 2005

Ce quartier, vieux de vingt ans n toujours pas réussi sa greffe avec le tissu urbain alentour. L’ensemble pèche qurtout par sa signalisation et sa voirie. Des projets de réaménagement, en préparation, sont exposés place Béraudier.
“Part-Dieu an II”. Sous ce nom de bataille, une exposition place Béraudier présente les projets de réaménagement sinés par René Provost, architecte en chef de la Part-Dieu. Mise en scène par Médiacité avec des photos de l’agence Editing, cette manifestation est le signe d’un nouveau départ pour un quartier qui, vingt ans après sa création, n’a toujours pas réussi sa greffe avec le tissu urbain alentour.
Un échec flagrant en matière de signalisation mais surtout de voirie : l’avenue Georges Pompidou avec ses rêves de prestige, a été étouffée dans l’oeuf, la rue Garibaldi et le boulevard Vivier-Merle, de leurs côtés, sont des modèles de fiasco urbain : l’esprit “Ponts et chaussées” défigurent la ville au lieu de la servir. Aussi, rue Garibaldi, es liaisons privilégiées seront établies à hauteur de la rue Dunoir, depuis la future Cité judiciaire, permettant un enchaînement avec le cordon piétonnier de l’auditorium. Une autre ouverture sera réalisée rue Mazenod dans le prolongement de la rue du Docteur Bouchut. Plus qu’un simple raccomodage, c’est une thérapie de choc que préconise René Provost, collaborateur de Pei, le créateur de la Pyramide du Louvre.
Les erreurs ont été lrgement stigmatisées par Charles Delfante, le concepteur de la Part-Dieu lui-même : “le plan était très dirigiste, trop peut-être, et sa structure était porteuse d’une organisation spatiale fonctionnaliste, qui, abandonnant délibérément la construction en bord de rue, suggérait néanmoins des îlots par un marquage des angles et une alternance minéral-végétal. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que ce projet d’ensemble était le meilleur ou le seul possible, je veux simplement dire que, depuis ce temps là aucune recherche de cohérence et de composition urbaine à cette échelle n’a été entreprise et je crains que les rénovations et autres aménagements de la rive gauche soient à classer dans le chapitre des occasions perdues”.
Pour René Provost, il s’agit de rattraper le temps perdu afin de préparer le quartier à l’âge adulte : “Si j’avais à expliquer la Part-Dieu à un enfant de huit ans, je lui dirais simplement que les constructions actuelles ressemblent à des individus qui seraient fâchés et qui ne se parleraient plus.Certains sont beaux, d’autres sont quelconques, d’autres enfin sont franchement laids. Et je voudrais que cet enfant de huit ans comprenne que le groupe doit s’enrichir de nouveaux individus plus jeunes et capables de rétablir le dialogue entre tours, sans exclure personne, y compris le fou du village”.
Un discours humaniste qui s’accompagne toutefois de chiffrages précis : René Provost estime à 100 MF le budget nécessaire pour refaire le boulevard Vivier-Merle, libre de tremies et mis à des dimensions plus urbaines. Une politique de remodelage qui exclut aussi la densification à tout crin. (…)
Daniel Licht (Lyon-Libération, spécial chantiers)
June 19th, 2005
Pendant trois ans, René Provost, chef de projet du Stade de France a travaillé aux côtés de l’équipe des concepteurs, Macary, Zublena, Régembal et Costantini.
Parlez lui du Stade de France, aussitôt son regard s’illumine et les souvenirs ressurgissent en un instant. Chef de projet du Stade de France, l’architecte René Provost a travaillé pendant trois ans aux côtés des architectes chargés de concevoir le gigantesque ouvrage, Michel Macary, Aymeric Zubiena, Michel Regembal et Claude Costantini. Comme eux, il a vécu « cette belle aventure », parfois avec angoisse, souvent avec grand enthousiasme. Les milliers d’heures qu’il a passées sur le chantier à centraliser les informations et à organiser la logistique du chantier, il ne les regrette pas le moins du monde. « Et si c’était à refaire, je suis prêt à recommencer tout de suite » précise t-il sans aucune hésitation .., « J’ai toujours rêvé de faire ou de participer à la réalisation d’un stade ».
Né en 1939 dans le Finistère, René Provost est un peu devenu le spécialiste des grands chantiers. Ainsi et avant le Stade de France, il est nommé chef de projet de l’aile Richelieu du Grand Louvre, puis chef de projet de la piscine et du vélodrome olympique de Berlin. Depuis 1990, il est aussi architecte en chef de la Part-Dieu.
- Nommé chef de projet du Grand Stade, quel a été votre rôle durant ces trois années ?
R.P. : J’ai l’habitude des grands projets. Avec Michel Macary, j’ai déjà travaillé sur les projets d’extension de la Part-Dieu, puis sur le Louvre. On se connaît depuis vingt ans. Avec Perrault, j’ai travaillé à Berlin. C’est une expérience qui m’a servi, car ce type de projet nécessite beaucoup de monde et de technique. Le chef de projet est l’homme vers lequel tout converge. Parce qu’il faut que l’information soit centralisée quelque part, surtout pendant les études. En trois ans, 2000 heures de réunion ont été organisées, ce qui représente une année entière de réunion. Un travail de coordination et d’analyse était donc nécessaire, il s’agissait, je le rappelle, de bâtir un projet sur 250 000 mètres carrés de plancher.
- Si l’on excepte les angoisses et les nuits blanches, quel est le meilleur souvenir que vous conservez ?
Ce type de chantier occasionne un stress permanent. Ainsi à un moment nous étions cinquante architectes sur le site. Des architectes qui ont confectionné quelque 10 000 plans. Des souvenirs, j’en ai beaucoup, mais la mise en place du premier élément de toiture reste le plus émouvant. Sur le plan humain, j’évoquerais la rencontre avec Michel Platini, un grand bonhomme, doté d’une simplicité de contact et de comportement remarquables. Vous savez, je suis encore très ému quand j’entre dans ce stade comme spectateur. Pendant les travaux, j’ai toujours eu en tête les acteurs et les spectateurs. C’est l’objectif premier. Aujourd’hui, ce sont très exactement 80 049 places qui disposent d’une visibilité complète.
- La pelouse a -elle repris des couleurs ?
La pelouse a retrouvé bonne mine, cela a été un peu plus long que prévu, mais aujourd’hui elle est verte. En fait, elle a eu une maladie grave, le « pythion ».
Ces champignons sont apparus tout de suite après la pose. A cela est venu s’ajouter le stress du dépavage et du transport. Après traitement spécifique, la maladie a été éradiquée.
- On reproche au concepteur de ne pas avoir aménagé suffisamment de places de parking, est-ce votre avis ?
C’est un choix. Si nous réalisons 30 à 40 000 places de stationnement, nous créons inévitablement un bouchon autour du stade, bouchon qui vient s’ajouter à ceux des autoroutes voisines déjà très chargées. Cela risque de provoquer un étranglement. Le choix des 5 000 places est un choix réfléchi. En revanche, nous avons mis l’accent sur les transports en commun : les deux lignes B et D du RER sont respectivement à 500 mètres et un kilomètre du stade- La ligne 3 du métro est à un kilomètre. Par ailleurs en cas de grève, 700 bus seront mis en service
- Les riverains du stade pourront-ils regarder la télévision ?
Effectivement il y a un problème de réception. La toiture du stade fait écran. Il faudra donc installer un relais.
- Le Stade de France est aujourd’hui terminé, quels sont vos projets ?
Je vais participer au côté de Michel Mascary au projet de réhabilitation de l’immeuble du Crédit Lyonnais. Ce bâtiment, classé monument historique, va pendant trois ans faire l’objet d’une importante restructuration. Et le chantier devrait commencer dans un an …
Propos recueillis par Aline DURET
June 19th, 2005
Aujourd’hui, est comblé le rêve de René Provost, le chef de projet représentant, sur le terrain (ça tombe bien, il est footballeur), les quatre architectes (1). En effet, après avoir œuvré a Saint-Denis, il prépare ses valises pour s’installer à Istanbul où, le 28 novembre dernier, vient d’être posée la première pierre d’un stade de 80 000 places… également conçu par Michel Macary et Aymeric Zublena.
Monsieur 10 000 plans
Entre autres, René Provost et son équipe de 50 architectes ont dû prevoir le cheminement des fluides au sein d’un ouvrage dont les quatre architectes ont défini le projet.
A savoir :
- l’énergie électrique qui chemine en empruntant 90 km de chemins de câbles (voir page 44) afin d’alimenter les différents usages (léclairage, transmission TVHD et radio, sonorisation, sécurité … ) ;
- le traitement de l’air ;
- les installations sanitaires (ne faut-il pas prévoir 3 WC pour 1 000 spectateurs hommes et femmes… sans compter le nombre d’urinoirs ?).
Au total, trois années d’études et de réalisations, concrétisées par environ 10 000 plans, ainsi que près de 2 000 heures de réunions avec les concepteurs, les bureaux d’études, les entreprises de mise en oeuvre et d’installation, les bureaux de contrôle (Bureau Veritas et CEP), les services de sécurité…
Une satisfaction soulage René Provost aujourd’hui. Malgré les nombreuses difficultés techniques, « le stade n’a pas été dénaturé par rapport au concours de concession.»
“Trois années dont 2 000 heures de réunions diverses. » Tout ce temps consacré au Stade de France ne perturbe pas l’apparente sérénité de René Provost, breton de 55 ans. Il faut dire qu’il n’est pas novice en matière de grands chantiers. Trois ouvrages en témoignent notamment :
- tout d’abord, le quartier de la Part-Dieu, à Lyon, dont il est l’architecte en chef,
- ensuite, le musée du Louvre, à Paris, aux côtés de Ieoh Ming Pei et de Michel Macary ;
- enfin, la piscine et le vélodrome de Berlin, au côté de Dominique Perrault.
Mais revenons à Saint-Denis !
« Le stade m’a fait passer des nuits blanches » confie René Provost à qui, assisté d’une cinquantaine d’architectes au plus fort du projet (2), est revenu l’organisation de l’ensemble des utilités de l’ouvrage et de l’organisation logistique du chantier.
Cela n’a pas été toujours facile. « Mais il existe toujours des solutions pour sortir d’une impasse », estime le chef de projet en soulignant que « mon expérience des grands chantiers m’a appris la diplomatie et l’art de la négociation pour trouver les arguments justes. » Une de ses principales satisfactions : le fait que le Stade de France soit «particulièrement convivial, y compris dans sa forme et ses finitions.»
(1) Michel Macary, Aymeric Zublena, Michel Remabal et Claude Costantini
(2) En plus de la cinquantaine d’archi tectes, sont également intervenus, côté conception, une cinquantaine d’ingénieurs et, côté chantier, près de 1 500 professionnels
Le travail du chef de projet porte essentiellement sur la coordination entre tous les intervenants. Ce jusqu’au moindre détail… telle la demande du CFO portant sur l’implantation de 32 mâts (un par pays participant) au niveau du chemin de ronde. Ce croquis, emprunté au “journal de bord” de René Provost, en témoigne.
June 17th, 2005
C’est ainsi que VIOLLET-LE-DUC pressentait il y a plus d’un siècle de nouvelles réponses architecturales structurelles aux évolutions sociales et culturelles à venir.
A la fin du XXe siècle, le baptême de la promotion “VIOLLET-LE-DUC” apparaît à la fois symbolique et prémonitoire.
A l’heure de la pensée unique, le rappel de son œuvre ne peut-être à mes yeux que salutaire. A son sujet, quelques citations relevées ça et là:
« L’architecture est accessible à tous en tant qu’activité sociale essentielle. Chacun a droit à l’architecture… L’architecture n’a pas besoin d’initiation, mais d’une saine intelligence … Le public qui a journellement à faire avec l’architecture, le public qui construit et surtout qui habite .. Le rôle de l’architecte est celui d’un Socrate qui, par ses questions, dispose à réfléchir … L’histoire est la seule école d’apprentissage direct … L’architecture est le produit spécifique d’un “état social” … (VIOLLET-LE-DUC) qui disparaissait toujours derrière son œuvre … »
Enfin son refus de l’académisme.
Tout ceci est d’une actualité saisissante, dans un siècle finissant où l’argent, le conformisme, le vedettariat, la langue de bois, le confort ambiant, la mode s’érigent trop et prtout en valeurs essentielles.
VIOLLET-LE-DUC est là pour nous rappeler l’importance culturelle de l’histoire, du lieu, de la société, pour nous apprendre l’humilité, our nous inciter à réagir conre l’académisme et les modes.
Il est probable que notre siècle n’a plus grand chose à dire. Vous serez les architectes et les ingénieurs de la première moitié du XXIe siècle. Les frontières s’ouvrent, l’horizon s’élargit : vous aurez à dire…
René PROVOST
June 17th, 2005
Nommé il y a quelques mois, il présente aujourd’hui son premier rapport.
La Part-Dieu, il s’y entend… Depuis dix-huit ans, René Provost travaille sur un secteur qu’il connaît sur le bout des doigts. Pas un recoin, un espace qui ne lui soit familier.
D’ailleurs, en son temps, il devait participer à certaines constructions, celles qui ont fait date comme la Tour du Crédit Lyonnais ou le parking des halles. Et, à force d’y faire très régulièrement “les cent pas”, il est quasiment devenu le spécialiste à qui on fait appel pour d’éventuels aménagements. Car l’heure est à la réflexion. Après avoir lancé le plan Presqu’ile, les élus devront d’ici peu s’attaquer à l’imposant dossier de la Part-Dieu.
“L’enjeu est important, rappelait il y a quelques semaines à peine, l’adjoint à l’urbanisme Henri Chabert, puisque le dossier concerne quelque 250 000 mètres carrés à aménager.”
Et pour cela, la SERL (société d’équipement de la région lyonnaise) qui gère la zone en question confiait à René Provost, une mission d’architecte en chef de la Part-Dieu, remplaçant ainsi officiellement un autre architecte, charles Delfante.
“Ma mission, commente René Provost, est une mission de coordination. Je voudrai faire marcher ce qui ne marche pas.” Pour cela, l’architecte a réalisé une étude globale sur la Part-Dieu et sur le secteur proche de la gare de la Part-Dieu. une étude présentée sous forme de rapport dès aujourd’hui.
Celui-ci contient un état des lieux précis et fait part de certaines orientations futures… “le plus important étant de désenclaver la Part-Dieu, précise l’architecte et d’en faire l’un des deux pôles (avec le centre) le plus important de Lyon.”
« vous savez, les choses sont beaucoup trop complexes », explique René Provost, un tantinet critique. « Prenez par exemple, la signalisation, elle est très mal faite. Regardez la façade du centre commercial, elle a vraiment mal vieilli. Le passant a en face de lui une façade quasiment morte, où toutes les enseignes sont éteintes. Je crois qu’il faut rendre cette “boîte” un peu plus attrayante. » Et au chapitre des exemples, l’architecte ne manque pas d’arguments. Mais, selon René Provost, le plus gros inconvénient et c’est ainsi, toute la philosophie urbaniste du secteur qui est remise en question « provient des bâtiments eux-mêmes qui sont conçus comme des îlots fermés. La tour Suisse fonctionne comme un véritable coffre-fort… Il faut que ça s’ouvre. »
René Provost voit une Part-Dieu sous influence… Celle qu’il a bien connue outre-atlantique, dans le nord de l’Amérique ou dans les pays anglo-saxons. Et à lui d’ajouter : « L’exemple des Etats-Unis est significatif. » Les tours qui remplissent le ciel de Manhattan, sont certes, décorées somptueusement de marbre rose et de matériaux tellement nobles qu’ils ne tapent même pas à l’œil.
Mais voilà, les halls de ces tours monumentales sont tous ouverts au public et possèdent parfois des animations sous forme de galerie marchande. “C’est un état d’esprit”, lance René Provost. “Alors, de même, à la Part-Dieu, il faut faire sortir le centre commercial de sa boîte et faire éclater les secteurs Vivier-Merle, Deruelle et Cuirassiers. Ceci, passe par exemple par la démolition de la trémie Vivier-Merle et de la mise en circulation des véhicules, à la surface.”
Ces idées, nous pouvons les concrétiser sans se compliquer la vie. Ainsi, il est très aisé d’installer une pergola sur la dalle du centre commercial : pelouse, dallage, c’est extrêmement simple… L’essentiel est d’ouvrir la Part-Dieu au public. René Provost devrait également dans son étude, prendre en compte l’étude de Michel Autheman, sur la silhouette urbaine, présentée à Henri Chabert, adjoint à l’urbanisme en avril dernier.
Une silhouette qui devrait traiter aussi la hauteur des futurs “tours” appelées à rejoindre celle du Crédit Lyonnais, sans toutefois la dépasser, puisque selon l’architecte, celles-ci ne devraient pas excéder 130 mètres.
June 16th, 2005
L’un des architectes du Grand Stade est Plogonnécois.
Le Grand Stade de Saint Denis porte bien son nom Puisqu’une fois terminé (fin 97), il constituera la plus grande arène sportive de France. Voué à recevoir les grands matches internationaux du football, du rugby et les grandes rencontres d’athlétisme, il pourra accueillir jusqu’à 80.000 spectateurs !
Les chiffres en ce qui le concerne sont d’ailleurs impressionnants : 2 milliards de francs de budget, plus de deux ans de travaux, 40 architectes concernés, un système de tribunes amovibles conçu pour dégager la piste d’athlétisme (son fonctionnement revient à chaque fois à 800.000 F mais il est vrai qu’on avance ou qu’on fait disparaître près de 25.000 places), 6 ha de toiture suspendue et près de 3.500 places dans la tribune de presse… un projet gigantesque auquel participe activement René Provost, un plogonnécois d’origine qui avoue avoir toujours rêvé de construire un stade et qui présentera d’ailleurs les différents aspects de cette construction dimanche prochain à la salle polyvallente de Plogonnec à Partir de 19H30.
June 16th, 2005
Parmi les compagnons qui ont bâti le Stade de France, ils sont plus d’un à avoir gravé des initiales dans un petit coin discret….
“C’est un chef-d’œuvre, nous sommes très fiers d’avoir eu la chance d’y participer.” Mohamed Oueslati résume un sentiment largement partagé, autant chez les ouvriers que chez les cadres ou les initiateurs du projet, tel François Kosciusco-Morizet, “fier d’être de ceux qui l’ont acouché”. Chacun se souvient de moments de grande émotion : “Arriver sur le chantier quand les pelleteuses commencent les terrassements, regarder la maquette, compter le temps imparti et craindre de ne pas y arriver” D’autres évoquent la longue nuit où a été coulé le premier escalier monumental. Jacques Crestini, responsable de l’exploitation technique, parle de la joie ressentie lors d’un atterrissage à Roissy, à voir le stade émerger du brouillard. René Provost, qui a dirigé l’équipe d’architectes sur le site, se rappelle comment, jeune architecte amateur de sports, il rêvait de construire un stade. “En prime, ici, j’ai eu la chance de vivre l’histoire de l’intérieur, tous les jours.”
Gilbert Battigello, patron du GIE Stade Construction, reconnaît que cette forte motivation a facilité sa tâche : “Les équipes apprécient l’enjeu esthétique qui justifie certaines prouesses. La rigueur, le professionnalisme sont indispensables, mais on ne fait bien ce métier de constructeur si on l’a dans les tripes.”
Cette aventure humaine exceptionnelle, vécue avec passion par ses acteurs, a aussi essuyé les critiques, les incompréhensions, “la chape de plomb que, dans ce pays, les incrédules font peser sur les épaules de ceux qui osent”, selon le mot de Pierre Parisot. Il ne s’étonne pas des prédictions qui annoncent une séparation future entre les partenaires du Consortium : “Oiseaux de mauvais augure, ils parlent d’eux-mêmes, incapables de se marier par passion. Bien sûr, nous sommes concurrents. Mais, depuis 1990, l’équipe d’associés s’est construite en même temps que le stade se bâtissait. Il existe en droit une notion qui traduit bien ce véritable intérêt commun, l’affectio societatis.”
June 16th, 2005
LES QUATRE «MOUSQUETAIRES». MZRC pour Macary, Zublena, Regembal, Costantini, les quatre architectes qui, associés au groupement d’entreprises Bouygues-Dumez-SGE, ont emporté de haute lutte le «concours de concession» ayant en effet opposé dix-huit équipes, dont celle composée de Jean Nouvel-Emmanuel Cattani/Hok Sport/Dragages et Travaux publics, qui a finalement été battue sur le fil.
Les deux premiers sont associés et ont notamment à leur palmarès le Carrousel du Louvre (avec Ieoh Ming Pei), le siège social de TDF et le futur hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Les deux autres «mousquetaires», qui font également équipe commune, ont réalisé la nouvelle école de la Légion d’honneur à Saint-Denis, le centre musical de la Goutte d’Or à Paris, etc.
A l’exception, peut-être, d’Aymeric Zublena, dont la lecture est la principale passion, ce sont tous de fervents sportifs: Michel Macary a un très bon handicap au golf, Michel Regembal est un skieur de haut niveau et Claude Costantini a couru plusieurs rallyes en Afrique. Ce qui a sans doute facilité leur tâche commune. «Notre quatuor a oeuvré très collectivement, millimètre par millimètre, pour réaliser un vrai travail de synthèse», constate par exemple Claude Costantini, le plus jeune de l’équipe - il a 49 ans, les autres ayant le même age (51 ans).
Pour tous les quatre, le Stade de France constitue une sacrée référence. Pour preuve : Michel Macary, et Aymeric Zublena vont réaliser le stade de Suwon (Corée du Sud) pour la Coupe du monde de football de 2002, ainsi que le futur stade Olympique d’Istanbul (Turquie).
RENE PROVOST. «Je suis un homme de l’ombre », se plaît à déclarer cet architecte (breton) de 55 ans qui a été le chef de projet, c’est-à-dire le représentant sur le terrain de l’association MZRC. Un «homme de l’ombre» qui a tout de même permis le bon déroulement du chantier, malgré des contraintes de temps évidentes. René Provost n’est pas un novice en matière de grands chantiers. N’a-t-il pas travaillé avec Michel Macary au Louvre et avec Dominique Perrault à Berlin, et n’est-il pas l’architecte en chef du quartier de la Part-Dieu à Lyon ? Cet homme à tout faire, qui a assisté près de 1500 heures de réunions diverses (avec les différents opérateurs privés et publics du Stade de France et de La Plaine-Saint-Denis), ne regrette pas cette expérience enrichissante. «D’autant moins que je suis, moi aussi, un “mordu” de sport», remarque ce cinquième «mousquetaire» passablement discret.
June 6th, 2005
Par fidélité à son père charpentier, et au village de sa naissance, un site moyenâgeux, René Provost défend une certaine idée de l’architecture urbaine : simple mais bien pensée, ouverte et appuyée sur des matériaux et des espaces naturels. A 50 ans, cet architecte qui a travaillé avec les lyonnais Delfante et Zumbrunnen mais aussi avec des internationaux que sont Cossuta, la tour du Crédit Lyonnais, et Pei, la Pyramide du Louvre, avoue qu’il a « mal tourné ».
Entre son village breton et le Louvre où il coordonne l’aménagement de l’aile Richelieu, soit près de 30 000 m2 de salles muséologiques, il reconnaît que les voyages ont acéré son regard. « J’ai tant appris à Istanbul et Mexico », admet-il. Mais le choc, il l’a ressenti à New York, «l’expression accomplie de l’architecture de cette fin du 20e siècle », où il résida un an et demi dans l’un des cabinets d’architecture les plus réputés au monde, et qui ne comporte pas moins de 300 architectes, qui planchent sur les projets les plus ambitieux et les plus colossaux de l’époque.
C’est chez Zumbrunnen, un des architectes en chef de La Part-Dieu qu’il apprend son métier après ses études d’archi à Strasbourg : il avait obtenu un stage d’un mois, il y restera dix ans. Tour du Crédit Lyonnais, tour EDF, gare de la Part-Dieu, ses expériences top niveau ne vont pas manquer.
Les tours, il connaît… Infatigable marcheur, il sait tous les secrets et recoins des grattes-ciel de New York, midtown et downtown. Il a ausculté et gravi toutes les grandes tours du monde.
Et, il y a cinq ans, il va trouver Pei et lui assure qu’il veut travailler sur le Louvre. Après avoir suivi, la Pyramide du Louvre, il est chargé de coordonner les travaux du dernier chantier du grand Louvre : l’aile Richelieu. Ce qui en fera le plus grand musée du monde. Une expérience internationale, jumelée à des travaux hors du commun, et des années à arpenter la Part-Dieu, Michel Noir et Henri Chabert ont choisi un architecte étoilé et pénétré de sa passion : construire. Une option à assumer.
Paul Bertet-Pilon, 15 juin 1990
June 6th, 2005
Au terme des vingt premières années d’existence de la Part-Dieu, il s’agit aujourd’hui d’établir les conditions d’une adaptation qui permette au quartier de devenir, à l’horizon 2010, le centre digne d’une ville à vocation européenne.
Dans cette optique, la Communauté Urbaine de Lyon a chargé un architecte, René Provost, de réfléchir avec l’Agence d’Urbanisme et la Société d’Equipement du Rhône et de Lyon aux grandes orientations de ce projet.
L’exposition « L’AN II DE LA PART-DIEU » présente au public les résultats de ces réflexions et l’invite à réagir aux propositions d’aménagement du quartier.
AMBIANCES
Véritable promenade dans un site souvent méconnu, l’exposition photo tente de mieux faire connaître la Part-Dieu en montrant, sans artifice et sans complaisance, toutes les facettes de ce quartier multiple où les terrains de boules et les bistrots d’hier jouxtent les grandes tours de verre porteuses d’avenir.
Trois photographes ont pour cela arpenté les rues et fixé sur la pellicule, en trois formats différents (panoramique, 24x36 et 6x6), des instants et des lieux forts de la vie du quartier.
PROJETS
Présentées sous forme d’hypothèses de travail et de croquis d’étude, les propositions de René Provost sont à l’opposé d’un projet urbain déjà décidé et figé.
Son travail sur l’aménagement du quartier, sur l’architecture, sur les « 5ème et 6ème façades » (les sols et les toits), tout comme les réflexions de l’Agence d’Urbanisme sur la voirie sont soumis à l’appréciation du public.
L’implication de chacun des partenaires, leur complémentarité et la participation de tous les Lyonnais concernés sont des conditions indispensables à une véritable réflexion concertée sur le projet urbain de la Part-Dieu.
LA COMMUNAUTE URBAINE DE LYON LA VILLE DE LYON
Présidée par Michel Noir, Maire de Lyon, la Communauté Urbaine de Lyon a pour mission de fixer les grandes orientations permettant d’organiser et de maîtriser le développement de 55 communes de l’agglomération lyonnaise.
C’est sous son impulsion et pour le compte de la Ville de Lyon, qu’a été engagée la réflexion sur l’an II de la Part-Dieu.
LA SERL
Opérateur en matière d’aménagement et d’urbanisme, la Société d’Equipement du Rhône et de Lyon est une société d’économie mixte qui intervient dans la construction d’équipements publics (lycées, collèges, équipements sportifs, sociaux ou culturels) ou, comme c’est le cas pour l’aménagement de la Part-Dieu, dans la création et la revitalisation des quartiers.
L’AGENCE D’URBANISME
L’Agence d’Urbanisme de la Communauté Urbaine de lyon est une entreprise d’études rassemblant une cinquantaine d’architectes et d’urbanistes. Sa mission sur le projet urbain de la Part-Dieu consiste à engager une réflexion prospective permettant de proposer un certain nombre d’hypothèses d’aménagement du site.
RENE PROVOST
Agé de 51 ans, l’architecte René Provost a participé à de nombreuses réalisations en France et à l’étranger, notamment à New York aux côtés d’I.M. PEI, ans PARTNERS.
Responsable de l’aménagement de la Part-Dieu, il connaît bien Lyon pour avoir collaboré aux projets des Halles, de la tour EDF, de la tour du Crédit Lyonnais et de nombreux équipements publics.
June 6th, 2005
Si j’avais à expliquer la Part-Dieu à un enfant de huit ans, je lui dirais simplement ques les constructions actuelles ressemblent à des individus qui se seraient fachés et qui ne se parleraient plus.
Certains sont beaux, d’autres sont quelconques, d’autres enfin sont franchement laids.
Et je voudrais que cet enfant de huit ans comprenne que le groupe doit s’enrichir de nouveaux individus plus jeunes et capables de leur seule présence de rétablir le dialogue entre tous sans exclure personne, y compris le fou du village.
Il ne s’agit pas seulement de construire des mètres carrés. Il s’agit aussi et surtout de créer des espaces ouverts à tous, des volumes généreux, amples où l’on respire ; des matériaux nobles, solides beaux au regard et au toucher ; des volumes où entrent la lumière, le soleil ; avec des arbres, des fleurs ; des lieux où les gens se sentent bien, c’est-à-dire où ils aient envie de se rencontrer, de s’y donner rendez-vous sur un banc, sous un arbre, autour d’une pièce d’eau, autour d’un verre ; des lieux où les gens aient envie de se parler, de se tendre la main…
René Provost
June 5th, 2005
Sous forme de lettre a B. Fort Brescia - Arquitedonica (1) René Provost - Mai 1995
Mon cher Bernardo,
Nous ne nous sommes pas rencontrés depuis le (malheureux) concours pour la place de Francfort, sinon lors d’un dîner à Paris alors que tu transitais vers le Luxembourg. Bien des choses se sont passées depuis, que je me propose de te conter par le menu.
Tout d’abord, et pour commencer par ce que tu connais le mieux, l’avenue de l’Europe est en service dans le secteur Part Dieu. Le parc de stationnement est ouvert également et fonctionne bien, avec la particularité de ses accès et sorties depuis la trémie, en sous-sol.
Celle réalisalion a supplanté un projet de parc en élévalion (sur sept niveaux et trois cents mètres de
longueur) qui “phagocytait” l’immeuble Aquilon. C’était en 1990.
De mon point de vue, il ne pouvait s’agir là d’un front bâti digne de la future avenue de l’Europe…
Cela m’amène naturellement à te confier mon aversion pour le “tout-voitures”(2). Non pas que je nie l’importance et l’utilité de la voiture en ville, mais j’ai l’intime conviction que le seuil de saturation sera bientôt franchi. Cet envahissement serait un moindre mal s’il ne se faisait bien souvent au détriment du piéton, et au détriment de tous si l’on veut bien prendre en considération l’excédent de bruit, la pollution atmosphérique, les accidents, le stress, le gâchis énergétique, la déperdition de travail, la pollution de l’espace. On a inventé à ce propos le concept étonnant (le “mobilité paralysante”! C’est dire…
Aussi avons nous tenté, et quelquefois réussi, à contenir les surfaces en asphalte, sinon à les réduire, pour donner la place qui convient aux espaces dits publics,
Tu connais mon attachement aux solutions simples (grâce à la fréquentation de J. Zumbrunnen et I M. Pei en particulier), qui contrairement à ce que l’on pourrait croire sont les plus difficiles à imaginer.
L’avenue de l’Europe précitée en est un exemple ; la rue Bouchut, en cours de réalisalion aujourd’hui, sans doute plus probante, dans la mesure où elle préfigure d’autres opéralions à venir et dans lesquelles nous appliquons la théorie de l’urbanisme par retranchements ; nous avons supprimé une passerelle comme l’on coupe la branche morte d’un arbre.
La séparation des circulations automobiles et piétonnes, largement appliquée dans le monde au cours des années soixante l’a également été à la Part-Dieu par Ch. Delfante el J. Zumbrunnen, dans la même période.
Sans doute le.fut-elle au-delà de toute espérance…
Un urbaniste ainéricain, Vincent Ponte (3), me confia un jour crûment que lorsque deux niveaux coexistent, un seul fonctionne : ” là où i1y a de la fesse ” ! J’ai retenu la leçon, et de fait, nous avons l’intention, dans un futur proche, de supprimer toutes les passerelles autour du quadrilatère circonscrit par Deruelle, Garibaldi, Bouchut et Vivier Merle.
Tu peux facilement imaginer le gain pour le paysage urbain lorsque tu constates l’effet visuel produit par la suppression de l’auto-pont sur Paul Bert et la passerelle de la rue Bouchut, lefût-elle au détriment de l’automobiliste, mais si peu…
Les trottoirs, libéres des poteaux supportant ces mêmes passerelles valent bien quelque considération : tu auras eu l’occasion de constater les multiples obstacles (mâts d’éclairage, de signalisation, compteurs EDF, poteaux d’incendie … ) qui les encombrent et entravent le cheminement du piéton.
Bref nous nous sommes aperçus que les lieux n’étaient pas adaptés à l’usage.
Peut-être avions-nous perdu de vue qu’il fallait appeler un chat un chat et que les rues, les avenues, les boulevards, les places. les squares, les esplanades, avaient une définition qui ne devaient pas grand chose au hasard ou à l’air du temps.
L’eau chaude est à redécouvrir en permanence.
A ce sujet, la pratique du monde professionnel, de la Maîtrise d’Ouvrage et du monde politique t’aura appris comme à moi-même qu’il n’est pas neilleure récompense que de recueillir de leur propre bouche certaines phrases que tu auras patiemment, invariablement, constamment proférées, et reprises à leur compte…
Pour en terminer avec ce chapitre, sache que nous avons réfléchi au cours de ces quatre dernières années à tous les espaces au sol, trop souvent laissés pour compte par le passé au profit des constructions elles-mêmes : les accès à la Tour du Crédit Lyonnais, à l’Auditorium, au Centre Commercial que l’on aimerait tant faire sortir de sa boîte (encore une conception des années 60) et couper en deux pour établir une liaison directe entre la Gare et la Tour, à la Bibliothèque … relier plus fortement l’ensemble de Moncey Nord à la Part Dieu. Car la Part-Dieu doit perdre son statut de “château fort”. A l’occasion, je parle de couture avec les quartiers environnants puisqu’il s’agit du tissu urbain de la ville dans son ensemble.
Tout cela s’accompagne d’une réflexion sur la nature même du sol, que nous voulons confortable et pérenne, du paysage, que nous souhaitons voir agrémenté d’une belle vegetation de fontaines, de sculptures… bref tous éléments susceptibles d’y insuffler la vie.
Obtiendrons-nous un jour l’autorisation de fouler les pelouses comme dans ton pays ? Question d’état d’esprit…
L’un des projets les plus signjficatjfs est certainement le boulevard Vivier Merle, dans lequel est résumé toute la, phylosophie de la réhabilitation de la Part Dieu.
Ceci m’amène à te reparler des tours, qui est devenu un sujet d’autant plus sensible que nous sommes en période de récession économique.
Comme tu le sais, une étude préalable avait été menée en 1990 par lAgence d’Urbanisme et Michel Authemiann qui concluait à la possibilité de tours de grande hauteur à la Part Dieu. Quelle hauteur ? Ce fut un grand débat.
Trois considérations m’ont conforté dans la détermination des hauteurs :
- le profil de la Ville (”skyline”) est dominé par la basilique de Fourvière;
- la tour du Crédit Lyonnais, cylindrique, a été conçue comme un phare dans le “downtown” elle doit le rester..
- la Part-Dieu serait conçue comme la troisième colline de Lyon, la “colline européenne”, après la “Colline qui travaille” (la Croix-Rousse) et la “colline qui prie” (Fourvière). La Tour du Crédit Lyonnais ne doit pas rester isolée : elle a besoin de petites soeurs.
Aussi ai-je maintenant la conviction qu’il est préférable d’envisager huit tours de 80m à 140m de hauteur, qu’une seule tour de 400m par exemple, l’équivalent de l’une des tours jumelles du World Trade Center qui contiendrait à elle seule les 400 000 m2 de construction supplémentaires possibles.
En tout état de cause, on ne peut dissocier le concept des tours du concept des espaces publics : l’implantation des premières est conditionnée par les seconds.
Ici apparait la notion des 5e et 6e façades. Tu me permettras de citer une anecdote qui m’a beaucoup marqué.
Lors d’une rencontre avec Philip Johnson fin 1973 au 37e étage du, fameux Seagram, nous en vinmes à parler des tours : Ph. Johnson critiqua fortement la situation faite au CBS Building (4) qui s’enfonce dans le sol en décaissé par sol en décaissé par rapport aux rues et avenue adjacentes.
Voyez, me dit-il, une tour doit reposer sur son socle ; c’est sa cinquième.façade. Avec l’arrogance de la jeunesse, je lui rétorquais :
- pourquoi pas six ? pensant à la toiture,
- pourquoi pas, dit-il après un temps de réflexion …
Trois ans plus tard naissait Pennzoil Place à Philadelphie, suivi de peu par le Citicorp à New York qui se caractérisent par des sommets singuliers. Cette idée prolonge celle de Le Corbusier qui considérait la terrasse habitée comme un substitut à l’assiette de la construction au sol.
Une autre idée consiste à implanter un hall public au pied des tours. Nous avons trop tendance en Europe à économiser les surfaces qui aboutissent souvent à des “trous de souris”.
Certes, la sécurité n’y est pas étrangère. Les hotels Hyatt et d’autres grandes entreprises comme IBM nous ont instruits dans le genre. Que ne suivons-nous ces exemples !
Quelle magnifique transition entre les espaces public et privé que ces volumes qui constituent, autant de havres de paix dans la ville, et qui peuvent être le théâtre de nombreuses activités, réceptions, opérations de marketing, bars, orchestres… ou simples lieux de repos.
Mais avons-nous encore le désir de nous rencontrer ? En cette fin de siècle, alors que nous n’avons jamais disposé d’autant de moyens de communication, les individus sont de plus en plus isolés. Paradoxe !
Le projet du lot R (5) répond pourtant à cette attente. Il est malheureusement toujours dans les cartons.
Alors, tu imagines une tour chaussée dun beau volume aux pieds et coiffée au sommet par un vrai restaurant panoramique où les lyonnais seraient.fiers d’emmener leur famille et leurs amis étrangers pour leur faire découvrir la ville.
Si je cite ces exemples, c’est que je crois à l’importance du contenu des constructions comparé au contenant.
La fonction des bâtiments n’est pas la ségrégation mais bien le mixage de la population d’une cité. Aussi te parlé-je peu d’Architecture au sens Beaux-Arts du terme, pour peu que l’on évite l’anecdotique : la simplicité, encore, ne se démode pas. Et puisque je me suis interdit d’intervenir, je dois faire confiance à mes amis architectes pour les réalisations futures. Qu’ils me donnent acte simplement de l’étude urbanistique.
Si les réalités économiques nous apprennent la patience, je m’attache davantage aux contextes géographiques et historiques. “La ville se fait sur la ville”.
Doit-on progresser par “mimétisme historiciste, par déduction analogique, bricolage fragmentaire ou rupture formelle ?”
La ville, le quartier ne se réduit pas à un concept urbanistique : les réalités sont parfois rugueuses, irrationnelles comme le sont les hommes. L’idée d’Hannah ARENDT me rassure, selon qui la ville est mémoire, organisée et construction conventionnelle, nature et culture, passé et futur.
Y ajouterai-je une pincée d’utopie, de folie, pour n’oublier ni les artistes, ni les poêtes.
Il n’est pas de mise de confesser ses doutes. Je m’y risque pourtant en m’interrogeant, sur le devenir des projets. Lorsqu’on intervient sur des sites déjà occupés, en ayant en mémoire les projets non réalisés, les doctrines multiples du passé, lorsqu’on assiste à chaque génération au spectacle de la fabrication de sa proper archéologie, ne doit-on pas - ne dois-je
pas - très modestement m’en tenir à ce rôle durbaniste réparateur ?
Confucius disait que l’expérience est semblable à une lanterne que l’on porterait dans le dos : elle n’éclaire jamais que le chemin parcouru. Cependant, seul l’avenir m’intéresse aujourd’hui avec son cortège de points d’interrogation…
Voilà, mon cher Bernardo : à te lire et te revoir bientôt.
(1) B. Fort Brescia est architecte à Miami - Floride
(2) La voiture et son stationnement consomment cent fois plus d’espace urbain qu’un piéton utilisant les transports en commun
(3) auteur de la place Ville Marie à Montréal avec L. M. Pei et H. Cobb
(4) E.Saarinen, architecte
(5) D.N. Petit, architecte
June 5th, 2005
C’est sous la présidence de Mme Nicole Pasquier, ministre, et la présence de M. le Préfet Nogues, aux côtés desquels on reconnaissait M. le Conseiller général Berger, les maires ou leurs représentants des communes environnantes les personnalités, qu’ont été inaugurés le restaurant scolaire et la bibliothèque.
M. le Maire de Limonest a accueilli Mme le Ministre, les personnalités et tous les Limonois qui ont tenu à manifester leur intérêt par leur présence. Après la visite des locaux, tout le monde se dirigea vers la salle des fêtes où M. le Maire remercia tous ceux qui ont participé à la réalisation de cet ensemble, en soulignant l’importance de la subvention du Conseil général.
Puis il donna la parole à M. André Marcel, adjoint au maire attaché aux questions scolaires, qui retraça le déroulement de l’opération. Vers 1974, germe l’idée d’une cantine. Sous l’impulsion du docteur Hutter, alors conseiller municipal, un organisme est créé, en collaboration avec les directeurs, maîtres d’école et parents d’élèves, dont Mme Chavanis est la présidente (O.G.R.E.). C’est à la séance du conseil municipal du 31 mai 1979 que la décision est prise d’aménager l’ancien bâtiment de la gendarmerie pour concrétiser ce projet. L’architecte M. Provost, est tout particulièrement remercié, non seulement pour sa remarquable réalisation, mais pour son extrême gentillesse et disponibilité. Sont cités également les entrepreneurs, qui ont œuvré si efficacement à cette réalisation (Trottet, Bel, Vignat, Rippelin, Barange, Moulin, Omni-Sol, Rostagnat).
Pour terminer, hommage est rendu au dynamisme de M. le Maire, Max Vincent. Ensuite Mme Chavanis fait l’historique de l’O.G.R.E. dont elle est présidente. Débuts difficiles en 1974, avec le soutien du Dr. Hutter et de M. Marcel alors conseillers municipaux, chargés des questions scolaires. Locaux exigus, bénévolat, vieux matériel dépareillé, les enfants restant dans leur école respective. Aussi cette inauguration est jour de fête pour tous ceux qui ont cru en la réalisation d’un « restaurant unique, ouvert à tous les enfants de Limonest, dans le respect des convictions de chacun », et la municipalité est louée,qui a permis au rêve de devenir réalité.
Mme le Ministre se réjouit alors de participer à cette fête, puisque tout ce qui touche à l’enfant est symbole d’espérance, le restaurant scolaire est autre chose qu’une cantine . Au repas choisi avec soin, dans un sens d’hygiène et d’équilibre alimentaire s’ajoutent les qualités de l’accueil, si important pour l’épanouissement de l’enfant, pour sa détente et sa joie. Il est heureux qu’un tel travail d’équipe ait permis de regrouper les enfants des deux écoles.
La bibliothèque aussi est appréciée, faite pour accueillir toutes les générations, facile d’accès pour les personnes handicapées. Lieu de culture et de rencontre elle doit donner aux enfants le goût de la lecture.
Pour terminer Mme le Ministre remarqua avec plaisir que Limonest est une commune qui rayonne, elle félicita son jeune maire, M. Max Vincent, et souhaita que sa commune continue ainsi, sous le signe de la jeunesse et de l’espérance.
Paru le 11 novembre 1980
June 3rd, 2005